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Atelier d’écriture mensuel 2020-2021

Extraits du 16 novembre 2020

Thème : le fantastique

  • (D'après un texte de Pierre Mac Orlan)

Aux emplacements marqués de points de suspension, introduire des détails en utilisant le vocabulaire de la peur et de l'étrange. Accentuer l'aspect fantastique de la scène. Ajouter d'autres impressions qui devront traduire l'inquiétude du narrateur.

1er Texte :

Encore une fois, je posais le pied sur le pavé de la rue de Siam, que le verglas toujours présent à cet endroit rendait plus glissant que le gel qui avait pris avec une grande intensité le fleuve les hivers précédents.

                Le veilleur de nuit venait de passer et j’entendais encore au loin sa démarche singulière avec horreur, son trousseau de clés brinquebalant le long de sa jambe, que je soupçonnais être de bois, bruit qui me faisait penser  avec inquiétude à une plainte de vieux hibou.       

                Il pouvait être minuit ou peut-être une heure du matin. La rue était déserte ou presque ; à part un chat ou deux errants, se terrant de peur, dans un coin sombre pour dévorer une quelconque bestiole.

                Un peu de lumière sourdait entre les volets du « Brulot Fournier ». J’imaginais Monsieur et Madame Podret, comptant et recomptant leur recette de la journée ; leur « cassette » grande ouverte sur la table ; résultats de nombreux larcins commis à droite et à gauche. A l’instant, leurs yeux brillaient de convoitise sur les pièces  et les billets ramassés  tout au long de la journée, dans leur estaminet minable, où de drôles de loustics s’assemblaient à longueur de temps dans l’attente d’un mauvais coup à faire. Ils faisaient certainement de petites piles de pièces, de petits rouleaux de billets et les entreposait serrés au fond de cette boite, et à l’idée de ce qu’il pourrait encore gagner le lendemain pour arrondir leur belle cagnotte, cachée pour l’instant dans un coin discret de leur logis, ils se congratulaient avec forces rires et tapes dans le dos.

Néanmoins, une certaine frayeur, le trac ou peut-être une phobie les mettaient dans un état de stress, conscients que n’importe qui pourrait à cet instant ouvrir la porte d’un coup de pied et semer la terreur dans leur petite vie.

                Pour l’instant, installés au chaud près de leur cheminée, un endroit à peine confortable, dans une pièce à l’écart de tous les curieux, ils rêvaient au moment où ils abandonneraient ce taudis ; car à l’heure actuelle, ils vivotaient dans cette maison assez délabrée décorée de bric et de broc, d’ustensiles  vieillots et inutilisés.

                Je  serrais, avec angoisse  et une certaine panique, de mes doigts gelés, mon couteau dans son étui de cuir. Ce contact me donnait une grande confiance dans mes forces.

                Je respirais l’odeur grasse de la rue comme un conquérant. Mes poumons s’emplissaient d’un air de qualité martiale. Je commençais à mon insu à m’habituer aux aspects imposteurs de la ville et de l’appréhension de ses rues plus ou moins malfamées dont la lumière blanchâtre et plus que discrète  projetait sur les murs de la chaussée des faubourgs fréquentés par ce drôle de monde, des ombres d’épouvante assez effroyables et en même temps gigantesques.

                J’allais doucement le long des murs, et tous les dix pas je me retournais avec inquiétude, fébrile,  soucieux à l’idée de faire une mauvaise rencontre. Je venais peu souvent en cet endroit et suite aux rumeurs sur le compte de ce quartier, je n’aurais pas aimé me trouver nez à nez, quelle horreur ! Avec quelque racaille ; c’est la raison pour laquelle j’étais sensible et attentif aux bruits.

                Il me sembla bien entendre comme une faible rumeur dont je ne pouvais préciser ni la distance, ni l’emplacement. Il en était dans la nuit des voix comme des lumières. Je les croyais près de moi, quand au contraire, elles étaient encore loin.

Maud

2nd Texte :

Encore une fois, je posais le pied sur le pavé de la rue de Siam que le traitre verglas rendait plus glissant que la peau de banane glissée insidieusement sous le pas d’un livreur d’œufs libidineux.

Le veilleur de nuit venait de passer et j'entendais encore au loin sa démarche clopinante frapper la coursive endormie et je fus surpris dans cette ville d’entendre, au loin, une plainte de vieux hibou.

Il pouvait être minuit, l’heure du crime La rue était silencieuse et déserte.

Un peu de lumière sourdait entre les volets du « Brulot Fournier ».

J'imaginais madame et monsieur Podret comptant leurs louis d’or avec leurs doigts crochus dans leur salle à manger étriquée, sombre, décorée de statues de Méphisto.

Je n’étais pas seul, j’avais mon couteau dans son étui de cuir. Ce contact me donnait une grande confiance dans mes forces.

Je respirais l'odeur grasse de la rue comme un conquérant. Mes poumons s'emplissaient d'un air de qualité martiale. Je commençais à mon insu, à m'habituer aux aspects imposteurs de la grille hérissée de piques croyant protéger ses habitants par une coursive éclairée de faibles lanternes dont la lumière blafarde projetait sur les murs de la chaussée des ombres et des formes menaçantes tels les bras d’un ogre se refermant sur sa proie.

J'allais doucement le long des murs et tous les dix pas, je m’arrêtais, me régalant des tintements des louis d’or tout derrière la fenêtre, concentré par tous les mouvements ici ou ailleurs et si attentif aux bruits.

Il me sembla bien entendre comme une faible rumeur dont je ne pouvais préciser ni la distance, ni l'emplacement. Il en était dans la nuit des voix comme des lumières. Je les croyais près de moi quand, au contraire, elles étaient encore loin.

Gérard

 

 

  • Calligramme CHAT

                Un calligramme est un poème ou un texte dont la disposition graphique forme un dessin en rapport avec le sujet du texte . (Cf célèbres calligrammes d’Apollinaire)

Ecrire un texte incluant un maximum de mots soit commençant par CHA, soit finissant par CHA.

 

                A Chamalières, le chat du "pacha" aux yeux chassieux pénètre dans la chapelle, tente de lire le chapitre un d'un missel relié en galuchat, se pare d'un chapelet oublié sur un banc, esquisse des pas de chachacha, fait des entrechats devant une chasuble chamarrée, sur le pavage où se reflète le chatoiement d'un vitrail. Excité, le coeur battant la chamade, il cause un tel charivari que le chapelain arrive en chaloupant et chavirant, car il n'a pas consommé qu'un chateaubriant, du Chaource, du chabichou et du chassselas, mais aussi du Chardonnay en abondance. Minou, lui, sobre et rapide, s'enfuit non sans avoir chapardé le chapeau du charpentier à l'oeuvre dans les lieux.

                 Sur le chemin, il chatouille les mollets charnus de la  chapelière à la mine chafouine, salue chaleureusement le charbonnier, mais croisant un chasseur, il ne fait plus le fier et se précipite vers sa chatière.

                Le "pacha", en réalité le charron, est de retour à son domicile. Il lui crie qu'il charrie, l'animal reçoit une châtaigne, puis une charretée d'insultes : vieux chameau, charogne,  espèce de chacal, j'en passe et des meilleures. Bien qu'il ne comprenne rien à ce charabia, il s'attend au châtiment : un mois sans chatte en chaleur, sans chatteries, plus de promenade entre les châssis du potager, plus de charme à la charcutière dont les chalandises le font saliver, plus de sortie sans chaperon, et ultime punition, pas une miette du chapon de Noël ! Honteux et chagrin, il s'exclame en bon Auvergnat : Cha alors ! on ne m'y reprendra plus !

Danièle

 

Calligramme Chat FraFrançoise

 

  • 10 mots pour un texte fantastique

 

Ecrire un texte sur le thème de NOVEMBRE en introduisant les 10 mots suivants : Strapontin – méduse – vertugadin – cabotage – pataugas – barytonner – tanguer – courgette – tartarinade – sac-à-dos.

 1er Texte

Léonard ne pouvait pas dormir. Sa dernière invention le tint éveillé toute la nuit. Une machine à remonter le temps, c'était une véritable trouvaille.

En cette année 1492, la découverte de l'Amérique avait fait fureur à la cour, on songeait, grâce aux progrès de la marine, à procéder au cabotage tout le long des côtes européennes ; jusqu'ici les navires avaient tendance à tanguer, mais maintenant, hautes vagues, requins et méduses n'étaient plus un obstacle pour naviguer.

Il était environ cinq heures du matin quand Léonard monta dans sa machine, et les manivelles étant activées, l'engin décolla. L'ingénieur avait programmé 2020, après avoir consulté les astrologues qui lui avaient prédit une période de paix, sans peste ni ouragan.

Il arriva dans une région où la nature reprenait sa place. La forêt était calme, seuls les oiseaux chantaient, un cerf barytonnait au loin. Il descendit de l'appareil, fit un tour sur le chemin bordé de châtaigniers, et vit une jeune fille, avec sac-à-dos et pataugas, marcher allègrement, un appareil à l'oreille. Il l'entendit parler seule, elle semblait converser avec quelqu'un.

Il pensa qu'il n'avait pas encore inventé ce système, il se mettrait à l'œuvre dès son retour.

Etonné de la coiffure et des vêtements de la belle, Léonard ne se fit pas voir, craignant une mauvaise surprise pour cette jeune fille qui ne demandait rien d'autre que de se promener tranquillement dans les bois. Il attendit qu'elle s'éloignât, et entreprit de visiter les alentours.

Il marcha deux kilomètres environ et tomba sur une clairière où se trouvait un château renaissance et son jardin à la française.

Un vertugadin, terrain couvert de gazon en amphithéâtre, soulignait l'élégance de cette bâtisse et Léonard remercia le ciel d'avoir laissé en place les réalisations de son temps. Un grand potager longeait le jardin à la française. Il s'approcha et vit des légumes qu'il ne connaissait pas, comme la courgette, mais eut le plaisir de voir que tomates et fèves faisaient sans doute encore le régal des tables de France au vingt-et-unième siècle.

Un peu déçu quand même, Léonard retourna vers son engin, caché sous les feuillages, et s'asseyant sur le strapontin, réactiva les manivelles.

1492 l'attendait, avec ses événements royaux, ses guerres, l'explosion de la peinture, sa musique baroque et la découverte de l'imprimerie.

Léonard se dit, sans que ce soit une tartarinade, que 2020 n'avait rien inventé de nouveau, à part le petit appareil qui permettait de parler aux autres.

Jacqueline P.

                 2nd Texte

                 Voilà novembre qui pointe son nez, dégageant sans ménagement octobre de son strapontin quasi estival. Car octobre a beau faire : laisser encore quelques feuilles rouges et or accrochées aux branches ou un pâle soleil prétendre encore au trône un après-midi de temps en temps, les brumes du matin qui s’attardent ou la gelée blanche qui habille l’herbe au petit matin ne laisse aucun doute. Novembre et son esprit chagrin ont pris le pouvoir.

                C’est ce qui fait ronchonner la Mère Jacquet quand elle sort de sa bicoque ce jour-là .Il faut qu’elle récolte les dernières courgettes. Elles ont pris un coup de gel cette nuit.

                « Tss tss, se tanse t-elle, à quoi tu penses ma pov’ vieille ! T’as jamais raté la première gelée de l’année ! Tss tss, faut vraiment que cette histoire t’ait mis la tête à l’envers ! »

                Et la voilà partie vers le potager, tanguant sur ses pataugas trop grands. Si la Mère Jacquet est un peu déboussolée c’est que la nuit dernière elle a très mal dormi. Ça fait des lustres qu’elle vit seule et il n’y a pas grand-chose qui lui fait peur. Les fées, les loups garous, les revenants et autres balivernes la font ricaner.

                 La vie s’est chargée de lui prouver que la réalité est toujours pire que ce que promettent ces superstitions de bonnes femmes.

                Alors hier,  juste au moment de se mettre au lit, ce qu’elle a vu par la fenêtre l’a d’abord mise en colère : qui osait venir piétiner son potager en pleine nuit ? Le temps d’enfiler ses pataugas et elle ouvrait sa porte à la volée, prête à en découdre. Mais elle n’a pas passé le seuil : elle ne comprenait pas ce qu’elle voyait…

                Au milieu du carré de citrouilles, les bras dressés vers le ciel, se tenait une femme maigre, attifée d’un vertugadin, les cheveux pris en chignon retenu par un diadème. Elle tournait le dos à la bicoque. Alors la Mère Jacquet s’est mise à barytonner de sa voix éraillée : 

                « Mais qu’est-ce que tu trafiques dans mes citrouilles, maudite ? »

                Aujourd’hui elle se dit qu’elle n’aurait pas dû l’appeler « maudite ». Enfin, c’est trop tard.

                Mais la femme n’a pas eu l’air d’entendre le hululement de La Jacquet. Elle semblait danser, immobile. Puis tout à coup elle s’est retournée.

                La Mère Jacquet, en chemin vers ses courgettes, son sac à dos suspendu à l’épaule, frissonne au souvenir de ce qu’elle a vu alors. Le visage de l’inconnue grimaçait, son chignon s’est défait, comme dénoué par un vent pourtant inexistant libérant des mèches qui ondulaient autour d’elle comme une effrayante méduse. Elle a souri, dévoilant une bouche monstrueuse garnie de crocs pointus. Puis elle s’est affaissée sur le sol et … plus rien.

                 La Jacquet a reculé, claquant la porte de la bicoque et la barrant du lourd madrier. Elle tremblait.

                Non, elle n’a pas bien dormi cette nuit. Elle ramasse les courgettes. Peu à peu son cabotage la poussant d’un rang à l’autre l’a rapproché du carré de citrouilles. Elle sait qu’il lui faut en avoir le cœur net mais elle met du temps à relever la tête et jeter un coup d’œil.

                Là, au milieu, quatre pieds ont roussi, morts en une nuit. Et par terre un diadème brille caressé par le soleil timide.

                Non, vraiment, la Mère Jacquet, connue pour ses tartarinades dès qu’elle a un public, n’est pas d’humeur ce matin. Elle se répète qu’elle n’aurait pas dû l’appeler «  maudite »

Non, elle n’aurait pas dû.

Pascale

 

 

  • Histoire ou conte

En appui sur la photo jointe, écrire un conte, une histoire, un poème sur le thème :

 lArbre

 

1er Texte

L’arbre qui ne voulait pas cacher la forêt

Et puis un jour la graine a germé, un nouvel arbre est né.

Au milieu des siens, il aurait pu se sentir bien.

Du haut de leurs cimes,

 les arbres agglutinés dominaient les villages en bas de la colline.

Petit arbre observait ses voisins, les chênes, les ormes,

et s’attardait sur leurs feuilles, leurs formes.

Il se disait « Je ne ressemble à personne ! »

Certes j’ai un tronc, des branches qui s’élancent vers le ciel

et d’autres qui s’approchent de la terre.

Mais je me sens différent…

Je regarde les promeneurs, les randonneurs

émerveillés disent-ils par toute cette splendeur !

La nature, la forêt c’est ce qui leur plait,

mais quand ils arrivent devant moi, je les entends murmurer

« Oh, comme il est particulier, encore jamais rencontré… »

C’est simple maintenant j’ai l’impression

 que les badauds ne viennent que pour moi

 et en oublient les autres espèces.

Les marcheurs déambulent avec d’étranges boites.

 Ils appuient sur quelque chose et ça flashe !

Certains aiment m’enlacer…

 J’ai cru comprendre que les humains le faisaient

pour se sentir bien et évacuer le stress.

Mais pourquoi me choisissent-ils toujours,

Je n’en peux plus de l’éternelle refrain entonné

par mes voisins de futaie

« Tu es le chouchou, le chouchou de leurs cœurs ! »…

Mais je ne suis pas le beau Sapin, l’éternel roi de la forêt !

Qu’ai-je donc que les autres n’ont pas ?

De belles racines, je n’en ai pas,

A mon pied… mais quel pied ?

J’ai deux jambes comme les hommes qui viennent m’observer

Alors ce matin je me suis juré, j’ai deux pieds, autant qu’ils servent

Je vais partir et quitter le monde sylvestre

« Je ne vais pas cacher les autres merveilles de la forêt »

Et me voici au milieu de la plaine, vais-je trouver ma place

dans le cœur des Hommes ?

Sylvie

 

2nd Texte

L’arbre qui marche

 

                C’est décidé, je pars. Je vais parcourir le monde. Nous, les arbres, sommes enracinés, il est vrai, mais nullement attachés. Enraciné signifie avoir un contact permanent avec la Terre mère, celle qui nous a donné la vie.

                Et d’autre part, je ne suis pas à ma place. Vilain petit canard dans un espace résineux. J’en ai assez de leur quolibet hivernal –« Déplumé »

                Eux épineux, moi chaleureux. J’accueille avec bienveillance tout celui qui veut se reposer, se ressourcer. Ces promeneurs peuvent s’asseoir à mes pieds sans craindre de tâcher leur vêtement, et ma grande envergure leur offre l’ombre dont ils ont besoin.

                Donc, c’est décidé, je pars là où le destin m’appelle essaimer ma sollicitude. Et peut-être, qui sait, retrouver ma « vraie famille ». J’ai entendu parler d’un arbre généalogique …

Lydie


 

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Atelier d’écriture du 14 octobre 2019

 

  • Diffusion simultanée d’un morceau musical et du support ci-dessous “Ma vie avec Mozart” Eric-Emmanuel Schmitt (Un jour, Mozart m’a envoyé une musique. Elle a change ma vie. Depuis, je lui écris souvent. Il me répond, toujours surprenant, toujours fulgurant).

Nous aussi, adressons-nous à notre musicien préféré…

           

                                                                      Cher Wolfgang,

 Oui, je sais, il est un peu cavalier de ma part de t’appeler par ton prénom et de te tutoyer mais c’est de ta faute aussi ! Depuis cette année 1995 où j’ai, au sein de  mon chœur, goûté, savouré, fait miennes les mélodies de ton merveilleux Requiem, tu m’habites si intimement…

 Dès les premières répétitions où les choristes déchiffraient en balbutiant ta divine musique, aux deux merveilleux concerts dans lesquels ton génie sublimait nos imperfections, tu as inscrit en moi un sentiment de plénitude qui me saisit chaque fois que les premières mesures retentissent. Je me fais même surprendre dans la rue, au hasard d’une fenêtre ouverte, par une envolée du Kyrie ou un Lacrimosa poignant.

Tu vois, Wolfgang, si tu n’as pas changé ma vie à l’instar de Monsieur Schmitt, tu es quand même un compagnon cher à mon cœur.

 Ah ! Et puis j’ai oublié de te dire le plus joli de l’histoire : durant tout ce temps où je voyageais à tes côtés, un petit être flottait en mon sein, bercé par tes accords divins.

                                                                         Pascale

 

                                                                         En écoutant Mozart

 Là, dans le clair-obscur, une « Petite Musique de Nuit » s’envole. D’abord quelques notes douces qui mettent l’eau à la bouche, qui font tendre l’oreille, qui rendent l’instant propice à la rêverie. Puis, allegro, Mozart s’impose. Alors plus rien ne compte que cette musique-là !

 Dans mon salon, rien ne peut troubler ce paisible moment. Mon esprit vagabonde, sautille, tressaute aux trilles de la Reine de la Nuit ou, plus tard encore, aux truculentes onomatopées de Papageno. Mon ouïe est en alerte et les images s’imposent d’elles-mêmes.

 Ah Mozart ! Quel délice que cette musique-là ! Elle pénêtre par tous les pores de la peau jusqu’au tréfonds du ventre et du cœur. L’étonnante diversité de ses œuvres permet à chaque instant d’incruster un morceau de bonheur en moi.

 Note après note, aux grés des opéras, des sonates, quatuors, symphonies, il me transporte dans un tourbillon de fantaisie comme dans « la Flûte Enchantée », mais aussi dans le tourment de la mort lorsque j’entends son fabuleux Requiem dont le motet « Exhultate, Jubilate » me bouleverse particulièrement.

 Je ne peux que partager cette phrase d’Éric Emmanuel Schmitt : « Dire j’aime Mozart, c’est se mettre à nu et aimer qu’au fond de son âme les autres peuvent encore apercevoir un enfant, une joie, une allégresse. »

                                                                         Jacqueline L.

 

 

  •                                                                    Un titre, une histoire

Choisir un titre dans la liste…

Ecrire l’histoire inspire par ce titre.

1- L’escargot qui voulait vendre sa coquille.

2- L’esquimeau qui voulait rapprocher le soleil

3- Le contrebandier des rêves perdus

4- Le miroir des chats

5- L’accoucheur de papillons

6- Le portrait qui clignait de l’oeil

7- L’enfant trouvé dans un dictionnaire

8- Le pêcheur de perles et la sirène

9- L’inventeur de mots et la petite fille muette

10- Inventer vous-même un titre et écrivez le texte induit. (Jocker!)

 

                                                                          L’escargot qui voulait vendre sa coquille

 Marco, l’escargot, trouve qu’il fait assez beau pour sortir de sa cachette et aller se promener le long de la muraille de l’enclos. En effet, une légère pluie fine commence à tomber, rafraichissante, juste assez pour qu’il se sente bien.

 C’est le moment rêvé pour se glisser, sans se presser, en dehors de cette touffe d’herbe serrée où il se tient caché depuis tôt ce matin à cause du soleil qui darde ses rayons. Toute la journée il a fait une chaleur accablante, c’était le meilleur abri qu’il avait trouvé.

 Il commençait à étouffer et se demandait comment il pourrait se débarrasser de cette coquille qu’il porte sur son dos depuis qu’il est né. Plus il grandit, plus elle s’épaissit. Son problème n’est pas près d’être réglé, c’est un véritable soucis.Ce n’est pas la première fois qu’il se sent fatigué de porter ce poids sur son dos. Il est le seul alentour à être dans cette situation.

 Il a déjà pensé qu’il pourrait essayer de vendre cette coquille ; elle est encore en bon état malgré les années passées ; il pourrait peut-être en faire un bon prix ! Mais à quoi lui servirait cet argent ? Il n’en utilise pas lui, puisque c’est un escargot ! Il pourrait l’échanger contre un stock de feuilles de salades, des fraises, des radis, des citrouilles… C’est ça, il échangerait sa coquille contre le confort d’un jardin, pas très grand mais bien cultivé, approvisionné à longueur d’année. Avouons que cela serait une bonne affaire !

 C’est décidé, Marco va aller à la recherche d’un jardinier. Il n’a pas loin à aller, il suffit de passer ce muret et il sera dans l’endroit rêvé qu’il connait déjà. Il a même vu des coquilles vides, enfilées dans une ficelle, se balancer au gré du vent sous la tonnelle de la maison non loin du muret. Cela veut dire, pour Marco, que le propriétaire a sûrement déjà fait affaire avec d’autres congénères. Il n’y a donc aucune crainte à avoir.

 Cependant une question hante l’esprit de notre escargot : comment va-t-il séduire le jardinier ? Le voilà justement qui approche, bien protégé dans son imperméable, avec son panier d’une main et un bâton de l’autre. Que peut-il bien faire sous la pluie qui tombe à verse ? Ce n’est pas un temps pour jardiner !

 « Aïe ! Aîe ! s’écrit Marco. Que se passe-t-il ? » L’homme vient de saisir l’escargot et l’a jeté dans son panier, avec les autres. Tous ses cousins, et ses copains sont déjà là ! Ils sont tous effrayés, criant : « nous sommes piégés ! « 

 Marco n’en revient pas, lui qui se voyait déjà au milieu du potager en train de se régaler !

 Adieu, laitues, radis et fraises ! Est bien pris, qui croyait prendre !

                                                                            S.E.Z.

           

                                                                       Le portrait qui clignait de l'œil

                                                                      Les facéties de Madame LETITZIA

 En cette fin de semaine, nous avions prévu une grande balade en forêt avec un jeu de piste. Hélas, ce matin, il pleuvait sans discontinuer. Il était indispensable de changer d'activité. Après un échange animé, il fut décidé qu'un groupe irait au musée tandis que les autres étaient plus tentés par une séance de cinéma.

J'ai toujours été très musée. J'étais ravie. Nous voilà partis au Musée d'Orléans qui possède une collection importante de peintures.

 Nous avons parcouru les salles d'expositions de la peinture hollandaise et de ses clairs obscurs puis la peinture espagnole avec ses infantes aux larges robes à panier. Avant de nous diriger vers la peinture italienne, nous traversons les salles françaises et à notre droite se trouve le tableau du Sacre de Napoléon, une œuvre de David.

 L'empereur pose la couronne sur les cheveux de Joséphine sous l'oeil de Madame Mère et, au moment où je la regarde avec attention, j'ai l'impression fugitive qu'elle me fait un clin d'oeil. Ce n'est pas possible, j'ai dû rêver. Je ne fais part de cette sensation à personne car on prétendrait que je suis dérangée mais cela m'a troublée.

 Il est vrai qu'elle était hostile à Joséphine et que selon certains historiens, elle aurait refusé d'assister à la cérémonie. David avait préparé son tableau avec minutie, délimitant les emplacements de chacun.

 Etait-elle ou n'était-elle pas présente ?

 A chacun sa vérité, aurait dit Pirandello.

                                                                                  Marilou

 

 

 

  • Poème en cascade à construire suivant le modèle ci-dessous :

Poésie du parc

La plume est sur l’oiseau

L’oiseau est sur le chêne

Le chêne est dans le parc

Le parc est dans la ville

La ville est sur la carte

La carte parle au mur

Le mur mûr

Est un frôlement d’aile.

                                               Danièle

         

 

          

o   Rédaction d’un texte qui aura “les pieds dans l’eau” en prenant appui sur des cartes postales affichant différents lieux au bord de l’eau.

                                                                         Les pieds dans l’eau…

 ...Le nez au vent. Et la rainette qui proteste contre mes remous intempestifs : envolé le moustique, disparue la demoiselle bleue dont elle comptait se goberger.

 Les pieds dans l’eau, la tête ailleurs. La barque peut bien se balancer, l’eau miroîter sous le soleil, mon œil le voit sans s’accrocher.

 Les pieds dans l’eau, caresse des herbes sur mes mollets et mon cœur égoïste, mon cœur amoureux, aveugle et sourd à toute cette beauté. Mon cœur pour qui rien d’autre n’existe que le souvenir brûlant de notre premier baiser.

                                                                                      Pascale

 

L’enfance, c’est un peu comme la naissance d’un cours d’eau. Au début, ça coule de source, tout arrive, tout s’installe lentement, progressivement. La vie commence d’un petit rien et grandit, se fortifie au cours du chemin qui se construit à travers les creux et les bosses qu’il rencontre.

Parfois le terrain est tellement accidenté, rempli d’embûches, que le courant devient tortueux, tourmenté, chaotique. Puis à d’autres endroits, c’est le calme plat, le petit ruisseau a envie de flâner, s’étaler sur la pente douce qui le mène dans la vallée. C’est le moment pour les fleurs et les buissons de s’installer, le temps pour grandir et s’épanouir.

Le paysage est magnifique, mais la route n’est pas loin, on ne peut l’oublier, même si elle enjambe cet endroit protégé. Un jour ou l’autre il faudra l’affronter et choisir de quel côté aller.

Tout comme celui qui devient adulte après avoir traversé le tumulte de l’adolescence.

Quel sera l’avenir de ce fragile cours d’eau devenu fleuve ? Quelque soit son parcours, il fera comme tous les autres. Un jour, il les rejoindra dans l’océan, après avoir traversé tant de situations diverses, des paisibles et des tourmentées, des tristes et des joyeuses, des révoltantes et d’autres attachantes. C’est comme ça, la vie ! C’est pour cela qu’on l’aime, quand elle est bien remplie.

                                                                                                S.E.Z

 

o   Les bouts-rimés : rédaction de quatre vers manquants en respectant la même longueur (12 syllabes), invention de deux autres vers avec rime de notre choix et titre à donner au poème.

 

Beauté d’ici, splendeur d’ailleurs

Un jour, je partirai pour un pays lointain

Loin du bruit de la ville, loin du tumulte urbain,

Sans me retourner, j’irai jusqu’au bout du monde,

Oh ! Galilée, m’assurer que la terre est ronde

Et quand je reviendrai, des rêves pleins la tête,

Je me ferai poète de notre planète.

Je dessinerai sur une grande feuille bleue

Des cieux étrangers le spectacle fabuleux.

Ailleurs toujours m’accueillera la différence

Et je rentrerai enrichie en douce France.

Danièle

Ma déclaration

 Un jour, je partirai pour un pays lointain

Je te le disais, loin de tout et du train-train

Sans me retourner, j’irai jusqu’au bout du monde,

Quoique tu fasses sans hésiter une seconde

Et quand je reviendrai, des rêves pleins la tête,

Des souvenirs aussi dans mon âme poète

Je dessinerai sur une grande feuille bleue

Le monde entrevu, le chemin fabuleux

A partager si tu le veux, ici ou ailleurs

Jamais sans toi, pour le pire et le meilleur.

Sylvie

 

Rêverie

 Un jour, je partirai pour un pays lointain

Me proposant d’aller bien au-delà du Rhin88/8/

Sans me retourner, j’irai jusqu’au bout du monde,

Je voudrais rencontrer les eaux les plus profondes

Et quand je reviendrai, des rêves pleins la tête,

J’essaierai d’égaler le plus grand des poètes

Je dessinerai sur une grande feuille bleue

L’impression terrifiante des cieux orageux

Puis venu le grand âge, assis contre mon arbre,

Je me rappellerai ces beautés désirables.

Hélène

 

 

 

 

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