Nos Recueils

 

L'AFFAIRE MEHDI PLANCHARD

 

couverture affaire MP

4ème de couverture MP

4ème de couverture

 

Après Cantalou (récit d’une biographie imaginaire d’un fleuryssois agent de la SNCF)

et En Mai Lis mes Mots (mise en spectacle d’un conte traditionnel revu à la mode oulipienne),

l’atelier d’une dizaine d’écrivants d’

Au Fil reduit,

encadré par les initiateurs du projet,

Trio Affaire Mehdi Planchard 2Roger Wallet, Nadine Fouchet

et Nicole Bain

avait repris son stylo dés l’automne 2019 et s’était concentré sur l’écriture d’une affaire de meurtre,

d’enquête policière et d’instruction judiciaire qui est devenue :

« L’Affaire Mehdi Planchard ».

Pendant 6 mois, le récit s’est étoffé, l’enquête s’est immiscée dans la famille de notre victime, dans ses fréquentations,

dans son milieu professionnel. Plusieurs suspects ont été repérés au travers d’une soixantaine

de textes, et une présentation scénique s’échafaudait sous la forme d’une émission télévisuelle programmée

un soir de mai 2020. . . . . .

Nous avons longtemps attendu la levée des mesures interdisant le regroupement du public dans les lieux culturels.

À ce jour, nous sommes hélas loin de pouvoir imaginer faire vivre sur scène cette enquête sur notre mystérieuse

« L’affaire Mehdi Planchard »

1 mort violente main1 1 Enquête main1  3 Pistes :

Alors, il est temps de publier ce passionnant roman policier qui permettra à chacun de faire son propre cinéma…

Préface

preface LAffaire MP 21

3 PISTES COULEURS Gémellaire3 PISTES COULEURS Passionnelle3 PISTES COULEURS Financière

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Rallye des Histoires en Trio

 

Notre recueil du Rallye  des Histoires en Trio 2021

Histores en Trio

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Nos Nouvelles

Nos écrits

 Une vie pour une vie

Ghislaine Lesueur alias Andréa Waguener

 

En ce matin d'octobre, un nuage de rosée s'étendait sur la plaine.

Levé bien avant le jour, Francis marchait depuis une bonne heure lorsque les premières brumes s'élevèrent, enveloppées d'une clarté naissante. Seul, au milieu de cette nature préservée, il se sentait libre. La fraîcheur de cette matinée d'automne le revigorait.

Couvert de son treillis de chasse, il ne craignait nullement l'humidité ambiante. Ses bottes foulaient des graminées encore vertes. Les toiles d'araignées accrochées aux plantes et brindilles tremblaient à son passage, laissant perler les gouttes qu'elles retenaient. Les joyaux suspendus aux herbes ainsi qu'aux branchages créaient un spectacle féérique. Le promeneur se mit à imaginer des sylphides dansant au clair de lune et flottant dans l'air. Fraîches et pures demoiselles, esprits voltigeant vêtus de gaze transparente et légère. Le lieu se prêtait à la rêverie.

Il avançait à grandes enjambées silencieuses ; carabine et canne de Pirsch en bandoulière.

Il surprit lièvres et garennes batifolant dans les espaces dégagés. Les mères surveillant les jeunes de l'année se dressaient à son arrivée et donnaient aux petits le signal de la fuite.

Le chasseur les contemplait, amusé. Il pensa à sa femme Claire que ces scènes auraient attendrie. Depuis quelques semaines, elle ne l'accompagnait plus, mais refusait que son mari se prive de sa passion, même momentanément.

La vallée qu'il longeait s'avérait giboyeuse. Son regard affûté comme le couteau fixé à sa cuisse perçut la pointe des oreilles d'un renard roux dissimulé dans la végétation. Il s'arrêta, voulant profiter du tableau. Le carnivore occupé à muloter ne l'avait pas entendu. Visiblement aux aguets, il se déplaça à pas feutrés avant de se ramasser sur lui-même. Puis, tel un ressort, il bondit à la verticale pour retomber sur le rongeur qui trottinait, ignorant le danger. Repas dans la gueule, le canidé s'apprêtait à décamper lorsqu'il prit conscience d'une présence. Les deux prédateurs s'observèrent quelques secondes puis, rassuré par le calme de son spectateur, le renard fit demi-tour, gambadant vers son terrier.

Francis reprit sa marche tranquille. Une rivière sauvage traversait le domaine qu'il parcourait. Dans le lointain, deux versants boisés en fixaient les limites visuelles. La configuration et la biodiversité permettaient d'y chasser le petit gibier tout autant que le grand, en battue ou en approche.

Il préférait la seconde méthode, plus respectueuse de la proie. L'humain contre l'animal.

Dans la matinée, aux abords du cours d'eau il fut témoin d'un mouvement dans les fourrés. Abrité par le tronc d'un chêne, il ajusta ses jumelles et chercha la cause de l'agitation. Le feuillage frissonnait, des branches mortes craquaient. Entre les arbres toujours garnis de verdure, il aperçut une harde. Des biches pour certaines escortées de leur faon ruminaient tranquillement. À distance, un second groupe composé de hères et de daguets allait et venait sous le couvert.

Francis sentit son sang bouillonner. Le grand mâle ne devrait pas être loin.

Ses amis lui avaient signalé le douze cors dans le bois du haut, mais peut-être en avait-il été exclu par un adversaire robuste ce qui expliquerait qu'il se soit réfugié dans la plaine.

Un brame sonore retentit immédiatement suivi d'une cavalcade. Pourtant, la saison des amours était close, les dominants s'étant entourés d'une troupe de femelles qu'ils gardaient jalousement, éloignant les autres prétendants. Le connaisseur décela un cri de défi, véritable provocation. Il s'agissait bien de cela. Un jeune cerf portant ses surandouillers déguerpissait devant le chef incontesté. L'intimidation avait suffi. Les braillements cessèrent. La quiétude revint.

Le chasseur expérimenté avait eu le temps de détailler le leader. Il identifia un dix cors jeunement. Les balafres laissées par les affrontements prouvaient sa détermination à défendre son territoire et son troupeau.

L'homme ne put réprimer une grimace de dépit. Certes, l'épisode auquel il avait assisté l'avait enchanté, mais il avait espéré se trouver face à celui qu'il traquait depuis deux ans. Il contourna le clan par un large détour afin que son odeur n'effraie pas les bêtes. Il lui faudrait donc poursuivre jusqu'au bois pentu pour avoir une chance de repérer le gibier convoité.

Vers dix heures, le soleil dardait ses rayons obliques sur une terre encore humide. Tout bruissait de vie. L'eau clapotait dans son lit, les insectes bourdonnaient pompant l'ultime nectar, les oiseaux pépiaient.

Francis s'approcha de la berge. L'été s'était montré sec et les pluies tardaient à regonfler le niveau des nappes phréatiques. Il découvrit un gué emprunté par la faune et transformé en souille, à voir les nombreuses empreintes d'ongulés. L'endroit fournissait les preuves d'une fréquentation assidue. Plutôt encourageant.

Il s'offrit une pause. Assis, dos calé contre un bloc rocheux, il finissait un frugal encas lorsque son attention fut attirée par une nuée de rapaces tournoyant à trois cents mètres de sa position. Un comportement de charognards. Il se remit en route et comprit la raison du ballet aérien. Le cadavre d'un huit cors gisait dans l'herbe, à demi déchiqueté. Avait-il défié plus fort que lui ? Les ramifications de ses merrains servaient désormais de perchoirs aux intrépides bestioles. S'il avait combattu pour le droit de transmettre l'existence, c'est la mort qu'il avait récoltée.

À proximité d'une parcelle de feuillus attenante à la colline dite du bois du haut, le chasseur trouva des rameaux bas dépourvus de pousses, broutés. Tous les sens en alerte, il déchiffra les indices en gravissant le coteau. Les signes dénonçant l'animal se multiplièrent. Ici, de l'écorce griffée arrachée par le frottement des perches. Là, une touffe de poils agrippés dans un taillis. Là-bas, des marques récentes : quatre doigts ongulés, un pied rond et fort, des pinces et

côtés usés, des os rapprochés du talon, une sole sans creux, une allure élargie. Un relent de musc. Aucun doute n'était possible. Un cerf âgé hantait cette zone.

Avec d'infinies précautions, le traqueur se laissa guider par les traces parsemées de fumées. Les excréments trahissaient le cervidé. Il le pista jusqu'à une clairière et se positionna sous le vent. Caché par la frondaison, les tempes battantes, il admira la largeur du chandelier, la forme doigtée des empaumures et les andouillers de massacre pointus comme des dagues. Il reconnut le douze cors - son douze cors - à la cicatrice qui balafrait le poitrail. Il pesait bien deux cents kilos avec une hauteur d'un mètre quarante au garrot. Il le savait dangereux. N'avait-il pas chargé son père voilà deux ans, le blessant mortellement bien que celui-ci l'ait repoussé de son poignard ?

La vengeance prenait corps. Il se voyait déjà disposer la brisée de dernière bouchée.

Le télémètre pointa cent-soixante mètres. Portée optimale.

Le téléphone mobile vibra au fond de sa poche. Il n'en eut cure. L'instant ne se prêtait pas à la discussion.

Le chasseur choisit de caler son arme sur une branche épaisse. La lunette parfaitement réglée lui présenta le mammifère pâturant de face paisiblement. Une femelle fit obstacle. Il s'en agaça. Déférent de l'usage, il voulait tirer une balle propre. Il attendrait d'en avoir l'occasion. Il leva son fusil et jeta un rapide coup d'œil sur le message reçu. Il en parut abasourdi et heureux à la fois.

Perdu dans ses pensées, il réajusta sa cible. La vue se trouvait maintenant dégagée ; le mâle arrêté, de biais.

Francis visa le cou, l'index sur la détente, prêt à déclencher le tir mortel.

Il resta ainsi un moment, puis...

– Bang ! hurla-t-il en gesticulant d'importance.

Toutes les bêtes s'enfuirent, surprises par le son inattendu. Un formidable tohu-bohu dans les broussailles. Le cerf galopa à toute vitesse pour se dissimuler dans de profonds fourrés.

– Je te gracie, cria l'homme, les mains en porte-voix.

Visage serein, souriant, il arrangea son matériel sur ses épaules et redescendit dans la vallée.

Plusieurs fois en chemin il relut le texte, source d'apaisement et d'un élan du cœur :

« C'est un garçon ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos Poèmes

Poèmes d'Anne-Marie Avallone

Anne Marie AVALLONE

Anne-Marie Avallone notre amie et animatrice

des ateliers d’écriture de l’association

Au Fil des Mots, nous a quittés fin novembre 2018.

Retrouvez ses poèmes ci-dessous

Evidence

 

Évidence

Tu ris parce que je dis :
Un jour !...
Demain, à la première heure,
A l'aurore de ma nuit,
J'irai dans mon paradis noir.
Sans bruit. Sans sourire.
Sans un cri.
Déclin du jour. Chute du jour.
Ton regard bleu d'acier,
Plonge dans ma vie,
Au milieu de mes silences.
Ainsi, tu possèdes mieux le ciel,
Et tu te grises de mes larmes.
Je vais.
Sans but. Sans espoir.
Sans raison.

Vilaines batailles,
Pour une paix inégale.
Il faut bien atterrir,
Sous les poussières d'étoiles.

Ce jour est venu.
L'arbre n'est que frisson.

 

Villanelle pour Jean Linard

Villanelle pour Jean Linard

Avec le ciel bleu pour toit,
Présent, dans sa cathédrale,
Il nous rappelle sa foi.

On entend toujours sa voix,
Parler d’une âme idéale,
Avec le ciel bleu pour toit.

Pour lui, pas de désarroi,
Juste une fleur musicale ;
Il nous rappelle sa foi.

Il va criant son « pourquoi » ?
Doux rêveur que rien n’égale,
Avec le ciel bleu pour toit.

Jardin cœur, c’est ce qu’il voit,
La nature va, triomphale.
Il nous rappelle sa foi.

Théâtre créé d’un roi,
Création phénoménale,
Avec le ciel bleu pour toit.

Tout mon être est en émoi,
Son œuvre immense m’étoile ;
Avec le ciel bleu pour toit,
Il nous rappelle sa foi.

007

 

Rondel pour un amant

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008                            

Rondel pour un amant

Il sortait tout droit des enfers,
Cet amant aux airs de manouche,
Quand je m’allongeais sur sa couche,
J’oubliais jusqu’à l’univers.

Je revenais de mes hivers,
Errance de l’oubli farouche,
Il sortait tout droit des enfers,
Cet amant aux airs de manouche.

De ses soupirs aux goûts amers,
L’amour idolâtre me touche,
Pétales de lune à la bouche,
Musique triste de pervers,
Il sortait tout droit des enfers