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Au fil des mots

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Rencontres insolites texte de Danièle

 

 

En ce mercredi 19 juillet 2017, je fus conviée dans l’Atelier du Présent Lieu, tenu par l’incomparable Caroline, au vernissage d’une exposition intitulée « Bestiaire de Loire ».

Comme bien des cartésiens, j’ai toujours cru qu’« un petit oiseau, un petit poisson [qui] s’aimaient d’amour tendre » ne savaient pas s’y prendre, mais voilà que s’offrit à moi une rencontre tout à fait improbable, celle, sur un rocher, sous un auvent, d’un grand oiseau qui tendait une aile majestueuse au-dessus d’un être fabuleux, que, n’ayant pas les mots appropriés pour le définir, je baptisai de siréneau, petit corps émergé et longue queue traînant dans l’eau. « Rencontre et protection », tel était le titre. Inutile de vous dire que je fus impressionnée par la générosité du propos, par toute l’espérance qui s’en dégageait.

 

Je m’arrêtai ensuite devant une œuvre énigmatique que l’artiste voulut bien décrypter pour moi. Ce qui s’annonçait dromadaire (imaginez mes yeux ronds, un cirque se serait-il attardé en pays ligérien) était devenu chat, chat-mot évidemment. J’osai alors un jeu de mots, alléguant que l’auteur n’avait pas suffisamment « bossé » et me demande encore si je n’aurais pas mieux fait de me taire. Les voies du Seigneur sont impénétrables, celles de l’Art également.

 

Je n’étais pas au bout de mon étonnement quand je fus confrontée à « Un poulpe numérique ». Je ne l’invente pas, j’en serais bien incapable. C’est ainsi qu’il me fut présenté. Ma foi, un invertébré délicieux, au visage coloré entouré d’une sorte de bonnet et prolongé par huit bras (je ne les ai pas comptés, zoologiquement parlant, c’est ainsi qu’est constitué un poulpe).   100 % numérique. Ah ! bon, me disais-je, Paul s’est épuisé lors de la coupe du monde de 2010. Nul besoin désormais d’exploiter la gent animale pour prévoir les résultats des matches. Interloquée par l’annonce de son prix, 250 000 euros, je conclus cependant que le milieu des paris footballistiques en avait les moyens. Moi pas.

 

Un échassier attira alors mon attention qui me parut tout à fait réussi et pour une fois réaliste. L’artiste l’était moins, lui, puisqu’il me parla vaguement d’un faisan. En bord de Loire, « au long bec emmanché d’un long cou » ? Mais pourquoi pas ? Finalement, point du tout. C’était tout simplement la fameuse traviole de Loire que j’avais enfin la chance de pouvoir contempler, espèce on ne peut plus rare que l’on trouve seulement à Sully-sur-Loire, du côté de la rue des Guerres, et encore lorsqu’elle veut bien se montrer.

 

Je vais traiter maintenant d’une sculpture, si je l’ai bien comprise, tristement symbolique puisqu’il s’agit d’une colombe de la paix, affalée sur la rive, au bec sanguinolent largement ouvert et recrachant un poisson argenté, dénonciatrice de la pollution créée par l’homme. Le message pourrait se traduire par ces mots : la paix prend l’eau. Comment ne pas acquiescer ?

 

Toutefois, l’espérance par laquelle j’ai débuté cet article m’est revenue en analysant une dernière sculpture qui, d’ailleurs, fit remonter en moi un souvenir ému. « La première portée de la foulque ».  Ce jeune père, on pouvait s’en rendre compte, s’était donné tant de mal pour construire un nid mais force était de constater qu’il n’avait pas encore atteint la taille suffisante pour la couvaison. Quel symbole que le travail acharné de cet oiseau pour ses enfants à venir et dont l’inexpérience était si touchante ! Quel amour exprimé dans cette réalisation, ma dernière halte dans l’Atelier du Présent Lieu.

 

Je veux citer, dans l’ordre, les noms des artistes auteurs de ces œuvres, Jacqueline, Roger, Anne-Marie, Bernard, Marie-Thérèse, Dominique, qui ont froissé le papier journal au point qu’il ne pourra plus s’en remettre. Si, moi, je les ai froissés, qu’ils veuillent bien m’en excuser. Un grand merci à celle sans qui ce bestiaire n’aurait pu prendre vie, sur les bords de la « belle sauvage », j’ai nommé Caroline.

 

 

 

 

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Dans l’atelier de Caroline.                  Le 19 juillet 2017.

Du papier et de la colle,

S’est envolée une traviole.

De trois pinceaux et d’un peu d’eau,

A émergé un siréneau.

Un drôle de poulpe numérique,

Tantacula, faisant la nique.

De déchirures de journaux,

Un chameau naquit chat-mot.

Une colombe écologique,

Jaillit du Fig-économique.

Et dans son nid bien trop petit,

Se senti la foulque un peu marrie.

                            Cet étrange bestiaire,

                            Sorti de notre imaginaire,

                            S’est construit petit à petit,

                            Grace au doigté de notre amie.

                            Caroline, la divine, la coquine,

                            A tout fait pour que cela soit,

                                  Et cela fut.

                               Quant à Danièle, la rebelle,

                               Son œil perçant a tout perçu,

                               Qui l’eut cru !

Jacqueline Leclercq.

 

 

 

 

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